Les conditions du statique

Publié le par Olivier

De bonnes conditions pour une apnée tiennent à peu de choses. Avec une température d'eau à peine plus froide que lors de la dernière séance, la discipline méditative qu'est l'apnée statique en piscine s'est transformée en lutte contre les éléments.

Dès le départ, l'air ambiant était plus frais à la piscine, et l'eau m'a de suite donné un frisson.
Quelques apnées courtes d'échauffement, et on monte les temps jusqu'aux 3mn40s.
Jusque là, le shorty que j'utilisai était un peu limite mais convenait, du moment que la séance ne durait pas 3 heures. Mais hier soir avec le CIPA, j'ai dû arrêter un peu avant les autres. Un peu frustré de ne pas avoir repoussé mon temps max, je suis quand même content d'avoir pu lutter avec ma physiologie et gérer ma résistance au froid.

L'apnée statique plonge notre organisme dans un état ralenti, où chaque fonction vitale est réduite à sa plus simple expression. La décontraction mentale, l'apesanteur en eau et l'abstraction de tous les stimulis extérieurs nous permettent de "débrancher" chaque partie du corps, nerfs après nerfs, muscle après muscle, dans un jeu de piste physiologique qui occupe l'esprit et représente une des formes d'imagerie mentale nécessaire à l'apnée.
Un jeu dont le but est de gagner la partie sur l'effort, car aussi petit soit-il, il est consommateur de notre précieux oxygène.
C'est d'ailleurs fascinant de sentir à quel point de petites zones anodines peuvent avoir un rôle dans le temps d'une apnée lorsqu'on sait les "débrancher". Un bout de doigt, une tension dans la jambe, aux abdos, chaque parcelle contractée est un frein à l'abandon nécessaire à l'apnée statique.

Une fois entièrement détendu, le voyage introspectif peut être total, et l'esprit peut alors se focaliser sur ce corps en suspend, divaguer sur un flot d'images imaginaires ou de souvenirs. C'est là que les limites sont repousées...

Elisabeth Kristoffersen / Photo Morten Bjorn Larsen

Seulement en apnée statique, où tout est ralenti, la bradycardie et la chaleur corporelle qui descend mènent à l'hypothermie. Les énergies caloriques habituellement produites en mouvement sont absentes, et le corps compense cette baisse de température par des frissons. Se rajoutant à l'inconfort d'avoir froid, ce phénomène nerveux et musculaire rend toute détente mentale difficile, consomme de l'énergie, et donc de l'oxygène.

Si cette séance était frustrante en terme de temps max d'apnée, elle était fascinante niveau sensations car je devais en permanence faire front aux frissons, en me concentrant pour que ce réflèxe végétatif puisse être contrôlé de manière consciente.
Un travail sur lequel je me suis plutôt bien débrouillé, jusque dans une certaine limite bien sur, mais j'ai quand même pu monter à 3mn40s dans un calme musculaire relatif. J'ai simplement remarqué que la phase de lutte en apnée était plus dure à tenir. En effet, difficile de lutter contre frissons et spasmes en même temps...



Au chaud, je passais les 4mn sans aucun doute. Du coup, malgré cette expérience fort interessante, je suis vite allé m'acheter une combi intégrale ce matin.


Mon choix s'est porté sur une OMER CAYMAN 5mm, dont les tests sont éloquents, sur laquelle je compte bien pour avancer dans la discipline...


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