To breath or not to breath...

Publié le par Olivier

Petit détour par Paris pour travail ces 10 derniers jours, à grand renforts de sorties, d'excès inhérents à la ville des lumières, et de la fatigue cumulée autant par le stress de la surpopulation locale que du travail lui-même.
Heureusement le plaisir de revoir les vieux amis (le RHPS entre autres, ils se reconnaitront) fait passer la fatigue sur le compte des émotions, et le plaisir reste intact.

Malgré toute cette agitation frémissante, je trouve presque le temps de m'en tenir à mes décisions : je ferais une table d'apnée statique par jour, que je sois au calme sur ma plage cannoise ou dans le métro parisien.
Et dans ce contexte pourtant peu favorable à la détente, je passe pour la première fois à sec les 4mn d'apnée statique, sur un divan un plein 20eme arrondissement de Paris. Etrangement, l'agitation typique du quartier que je perçois par la fenetre du 1er étage, me parait si lointaine en apnée... tout parait si lointain lorsqu'on s'arrête de respirer.

DSC04406Je me prend au jeu de bloquer mon souffle à tout moment. Dans les transport, entre deux conversations, en montant des escaliers. Tout me dit qu'il faut y passer le plus de temps, et que ce temps d'arrêt ventilatoire doit se faire dans le plus de situations possible.
L'idée n'est pas de faire un temps maximal (les conditions en eau sont bien meilleures à mon gout pour ça), mais de faire varier le travail : apnées longues, courtes, longues séries, courtes séries, apnées courtes avec temps de récupérations courts, inversement, le jour, la nuit, le matin, le soir... Voir et apprendre du corps lorsqu'il ne respire plus, pour se familiariser avec les sensations, à tous moments.

Et elle est praticable partout, car rien ne demande moins de choses que l'apnée, pas d'accessoires, pas d'espace. Sa beauté tient dans le contraste entre sa simplicité et sa finalité.
La ventilation est le seul reflexe végétatif sur lequel nous avons une emprise raisonnée, et qui plus est,  est celui que l'on peu bloquer à en perdre conscience, d'un simple mouvement d'épiglotte. Ce pouvoir sur nous même est un paradoxe, quand on comprend que cela revient à dire que l'on peut "mourir un peu" par notre simple volonté.
                                                                                                                                                         3mn30s d'apnée à 300km/h

Est-ce cela qui stimule cette incroyable sensation du vivant que procure l'apnée volontaire ? Car c'est bien la conscience de notre propre état mortel que nous distinguons quand tout s'arrête, et que le souffle s'immobilise dans notre gorge. Une part d'éternité offerte par le présent, avant que tout reprenne, lorsque l'air nous ramène à la vie.
Et si l'eau en est le berceau, c'est surement pour cela que c'est dans cet élément que les passionnés d'apnée tirent le meilleur d'eux-même, avec des émotions si intenses qu'elles ne se lisent que dans leurs yeux lorsqu'ils remettent les pieds sur terre... 

Dans le TGV, retour sur Cannes, je réfléchis à tout ça et l'envie de jouer me reprend. Je bloque mon souffle et regarde défiler le paysage, avec à nouveaux cette sensation de réalité décalée. En petites séries, j'atteins des 3mn30s d'apnée confortables, bien assis dans ma 1ere classe. Et 3mn30s à 300km/h, cela fait combien de kilomètres sans respirer ?...

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